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La Tribu, série photo, médias mixtes.
Maman se préparant à un nouveau départ, photographie argentique.

À partir de quel moment se fait-on souvenir ? Y’a-t-il un moment de latence, est-ce immédiat ? Et qu’est-ce que le souvenir, sinon qu’une image ? Entre le plastique et documentaire, Zoé Bernardi enquête sur sa propre famille. La photographie recèle dans son essence même toute l’ambiguïté de cette quête à double tranchant : présence-absence, fiction-narration, représentation-abstraction... je me suis brûlée les doigts, j’ai brûlé des ailes, j’ai construit, j’ai détruit, j’ai blasphémé, j’ai heurté, j’ai sublimé, j’ai désiré, j’ai procrée, j’ai tué. Si se débarrasser de l’image en en créant de nouvelles semble peine perdu, l’artiste s’obstine : peut-être est-ce pour ça que Sysiphe nous semble si familier. Finalement, comme toute oeuvre, le désir brûlant, l’urgence fondamentale est d’être plus consciente des phénomènes du monde, et surtout, de soi-même. Mais tout ça, Marlène Dumas l’avait prédit dans une phrase que j’avais attrapé au détour d’une lecture :
"What are we going to do now that we know
that the enemy is not outside the walls
but lives intimately within
and travels
in such ways
that everyone and everything is suspect?"

Gentils se faisant passer pour des méchants, polaroid.
Mes géniteurs et mon chat, photographie argentique.
Tonton se rasant, photographie argentique.
Papa prenant un bain de soleil sur la pelouse, photographie argentique.
Rafael s'étirant sous les arbres, photographie argentique.